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Il y a dans mes grands-parents un personnage qui m’a toujours fasciné : un aventurier, un vrai. Un homme qui a su provoquer son destin, qui a parcouru la terre, qui a connu des guerres. Une guerre de conquête, une guerre meurtrière et une guerre honteuse, sans prendre part aux trois, il les a toutes traversées. Voici son histoire, une histoire passée au crible des événements racontés et des souvenirs fragmentaires qui restent de lui.

 

Paul, René, Maria Poulain est né le 28 décembre 1872. Mon grand-père est né au dix-neuvième siècle, et plonger dans sa vie c’est déjà ouvrir des livres d’histoires.

LAMBEAUX DE SOUVENIRS, MORCEAUX DE VIES : PAUL RENÉ MARIA POULAIN (1)

En 1872, Napoléon III avait quitté depuis peu le pouvoir après une guerre désastreuse pour la France.  Il était et restera, je l’espère le dernier des souverains du peuple français. En y réfléchissant un peu, on se rend compte que notre république n’est pas si ancienne que ça. Mon grand-père a failli naître sous un empire…

La nouvelle Allemagne de Bismarck occupait encore une grande partie du territoire. 

LAMBEAUX DE SOUVENIRS, MORCEAUX DE VIES : PAUL RENÉ MARIA POULAIN (1)

La nouvelle république venait de réprimer dans le sang  la commune de Paris. Le temps n’était pas encore venu pour une république sociale ou communiste. Les rescapés de l’insurrection allaient grossir les bagnes et peupler les colonies en Algérie ou en Nouvelle Calédonie.

 

C’est à ce tournant de l’histoire que mon grand-père a vu le jour à Sandillon dans Loiret, petite ville du bord de Loire, à environ 10 kilomètres d’Orléans, la grande ville. A l’époque pas de voitures, et il n’y avait pas de moyens de transports entre les deux villes. Il a fallu attendre 1905 pour voir la première liaison ferroviaire.

 

Ses parents, Jean Louis et Celma, n’étaient pas pauvres. A priori ils faisaient même partie de ces propriétaires terriens assez fortunés. Ils possédaient des terres sur ces bords de Loire propre au maraichage et à l’agriculture. Le petit René aurait donc dû avoir une jeunesse heureuse, loin du besoin et de la relative pauvreté qui frappait à cette époque.

 

Malheureusement les caprices de la vie allaient en décider autrement. La ruine allait frapper sa famille. Les causes de cette ruine ? Là, les versions varient selon le narrateur.

La première voudrait qu’une crue de la Loire ait « détruit » le patrimoine foncier du couple. 

L’autre beaucoup moins glorieuse voudrait que mon arrière-grand-père ait tout perdu aux jeux et ses liaisons avec des femmes. Il aurait été un client régulier des cabarets et établissements louches qui entouraient à l’époque la halle aux grains d’Orléans. Il n’est pas facile de nos jours de pouvoir imaginer tout perdre comme cela, mais l’époque était tellement différente. Mon côté romanesque et aventureux me font préférer cette version, et, je ne sais pas pourquoi je sens au fond de moi que c’est la bonne. Avec un arrière-grand-père coureur, flambeur et irresponsable, je peux comme cela expliquer certains errements de ma vie. Je sais que c’est un peu facile de se trouver des excuses à travers la génétique, mais cela m’amuse.

 

Quoi qu’il en soit, le petit René, ses 8 frères et sœurs se sont retrouvés dans le besoin. Ne pouvant plus assurer l’éducation et les besoins primaires de leurs nombreux enfants, ses parents ont confié leur petit dernier à une de ses tantes.

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